Tryo, l'engagement pour l'environnement : des chansons aux actes !

Pour le groupe français Tryo, le développement durable, ce n’est pas que des mots… C’est aussi des actes. Le quatuor a fait réaliser le bilan carbone de sa tournée 2008.

Une façon d’évaluer l’origine des émissions de CO2 liées à cette succession de concerts, mais aussi de tenter de trouver et de mettre en œuvre des solutions.

Une manière également de sensibiliser les autres artistes, les salles de spectacles et le public aux enjeux du réchauffement climatique. Tryo nous commente cette démarche et revient sur son engagement pour l’environnement à travers la voix d’un de ses membres, Guizmo. 

Pourquoi avoir fait réaliser le bilan carbone de votre tournée 2008 ?

Tout simplement parce que nous nous sentons très concernés par les problématiques environnementales… Difficile de ne pas constater que les tournées sont très polluantes et très « énergivores » (transport, électricité, intendance…). En réalisant ce bilan carbone, nous voulions savoir exactement quels postes, quels comportements causaient le plus d’émissions de CO2 pour ensuite réfléchir à des voies d’amélioration.

Comme votre toute récente plate-forme de covoiturage…

Oui, le bilan carbone a révélé que les kilomètres parcourus en voiture par le public pour se rendre aux concerts représentaient d’énormes émissions de CO2. C’est suite à ce constat qu’est née notre plate-forme de covoiturage. Elle existe seulement depuis quelques semaines... C’est le début et les changements comportementaux prennent toujours du temps. Mais nous sommes globalement contents de la façon dont ça démarre…  

Votre engagement se traduit par ce genre d’initiatives, mais aussi dans les textes de vos chansons… Vous croyez au potentiel de la musique comme moyen de sensibilisation ?

Oui bien sûr, sinon on ne chanterait que des chansons d’amour ! Nous trouvons que c’est important de défendre des valeurs comme celle-ci à travers nos morceaux. Evidemment, il n’y a pas que ça et on ne veut surtout pas apparaître comme des gourous… Mais si on peut apporter notre pierre à l’édifice de cette façon, c’est toujours ça de gagné !

Est-ce que s’engager pour l’environnement n’est pas devenu une mode, un coup marketing pour avoir bonne image ?

C’est vrai qu’aujourd’hui les médias ont un peu fait de l’écologie un thème à la mode, un thème qui fait vendre… Au sein de Tryo, ce n’est pas la conception que nous en avons. D’ailleurs, j’avais 16 ans quand j’ai écrit « L’hymne de nos campagnes ». Bien avant que l’environnement devienne « à la mode ». 

Ce qui est important, c’est d’être cohérent, ne pas dire blanc et faire noir. Je pense que c’est le cas du groupe. On prend ce sujet fort au sérieux, pas seulement en paroles mais aussi dans nos actes.

Au quotidien, quels sont les gestes que tu poses pour l’environnement ?

Pour l’instant, je suis en train de retaper une vieille ferme en Bretagne. Je teste pas mal de nouvelles techniques d’écoconstruction. J’ai aussi pris conscience de l’impact que peut avoir la manière dont on consomme sur l’environnement. Alors, pour la nourriture, j’essaie d’éviter la grande distribution et de privilégier le marché et les produits locaux. 

Et puis je tente de laisser la voiture plus souvent au garage, de covoiturer autant que possible ou de prendre mon vélo.