Les contrôleurs du TEC : dans l'ombre et la lumière
Au TEC, il y a les contrôles que l’on voit et ceux qui se font en coulisses. Le métier de contrôleur ne se limite pas uniquement à vérifier les titres de transport. Depuis 7 ans, Dominique Denis 'contrôle' un tas de choses dans la région de Namur...
En quoi consiste exactement votre métier ?
C’est très diversité ! On contrôle, bien sûr, mais on aide aussi. Que ce soit les gens ou les chauffeurs. Si une voiture bloque le passage d’un bus, c’est nous qui intervenons. En réalité, le métier a plusieurs facettes. Les contrôleurs ont différentes missions :
- réaliser des tests avec des bus vides pour établir les points de passage et le timing d’une nouvelle ligne
- compter régulièrement les voyageurs pour voir si telle ou telle ligne n’est pas surchargée
- pendant l’hiver, vérifier le réseau routier avant que les bus ne se mettent en route…
Comment réagissent les passagers en vous voyant ?
Certains sont contents de nous voir car cela les rassure. D’autres par contre… Vous savez, parfois, il y a de fameux loustics ! Ils fument au fond du bus, abîment les sièges, taguent, crachent par terre. Quand on est là, ils ne font plus rien. Mais on ne sait pas être partout. Les caméras nous aident bien à ce niveau-là.
En cas de problème, les chauffeurs s’adressent directement à vous ?
Ils passent par le dispatching. Les bus sont équipés d’un 'ordibus'. Cet appareil permet au chauffeur d’envoyer facilement un message préencodé du type 'fraude' ou 'urgence'. Si c’est un problème important, la centrale appelle la police en plus de l’équipe de contrôleurs.
Vous ne vous lassez pas de jouer au gendarme ?
Non parce qu’on ne fait pas ça tous les jours. Et puis, le fait d’arriver à régler certains conflits avec un simple bic (nous n’avons ni revolver, ni chien !), c’est une ï¬erté.
Que faut-il faire pour devenir contrôleur au TEC ?
Il faut minimum 4 ans d’ancienneté en tant que chauffeur. On peut alors passer une série de tests et d’examens. Une fois réussis, il faut passer une interview devant plusieurs directeurs.
Depuis novembre 2008, le TEC a lancé une grande campagne centrée sur le respect. Les comportements inciviques sont sanctionnés. Terre En Commun a questionné Dominique à ce sujet.
Vous constatiez cette augmentation des gestes inciviques dont parle le TEC ?
Oui, bien sûr. Quand j’ai commencé comme contrôleur il y a 7 ans, on n’en voyait pas beaucoup. Maintenant, quand certains passagers mettent leurs pieds sur les sièges et qu’on leur fait la remarque, ils s’en ï¬chent. Dans ce cas, on donne une amende.
Vous appliquez la tolérance zéro ?
Non, pas du tout. On veut juste faire régner l’ordre.
Quels sont les problèmes les plus fréquents ?
Les falsiï¬cations d’abonnement. C’est une mode. Certains traï¬quent le document avec leur ordinateur, d’autres prennent l’abonnement d’un ami. Maintenant, ça peut leur coûter cher !
De fait, les amendes peuvent désormais aller jusqu’à 300 euros. Les infractions sont réparties en 2 catégories. Les premières concernent toutes sortes de gestes inciviques (fumer, cracher, endommager le matériel…), les secondes sont plutôt liées au titre de transport. Les amendes sont ï¬xées selon la catégorie et le degré de récidive. Vous trouverez tous les détails sur le site infotec.be (onglet 'première visite' > 'guide du voyageur' > 'amendes administratives'). Un passager averti en vaut deux !



l équipe de controle