L’ère de l’après pétrole : fenêtre sur le futur

D’ici 2050, nous aurons consommé plus de la moitié des réserves mondiales de pétrole. Comment allons-nous gérer l’ère de l’après pétrole ? Quels scénarios envisager ? Existe-t-il des solutions alternatives ? Gérard Monseux, président du TEC Charleroi, nous livre sa vision du futur.

Selon les optimistes, le pic pétrolier, c’est-à-dire l’apogée de la courbe de production, se situera vers 2020. Ce pic sera suivi d’une période plateau, avant de décliner inexorablement. Pour le gaz, le même processus est attendu vers 2030 », confie Gérard Monseux.

 

Les industriels travaillent d’arrache-pied sur des technologies peu polluantes, intelligentes, utilisant le biocarburant, l’électricité ou encore l’hydrogène. Quid de ces développements à l’heure actuelle ?

Le biocarburant

Si l’on voulait remplir les réservoirs de nos véhicules européens avec du biocarburant, il faudrait cultiver une superficie égale à deux fois celle de la France. Inimaginable !

La voiture électrique

Des problèmes de taille subsistent : autonomie des batteries limitée, temps de charge. Et bien entendu, il faudra fabriquer l’électricité. En supposant que la distance moyenne parcourue par chacun diminue de moitié, il faudra construire l’équivalent de quarante centrales nucléaires pour approvisionner l’ensemble du parc automobile de l’Union.

L’hydrogène

Quand à l’hydrogène, pas mal de problèmes sont encore à résoudre : difficile à produire, peu rentable énergétiquement. Le précieux gaz est également dangereux. Très explosif au contact de l’oxygène, il doit être stocké rigoureusement dans la voiture.

Des solutions raisonnables

Face à ce constat, le président du TEC entrevoit de profondes modifications de nos habitudes en matière de mobilité. Le tramway peut être l’une d’elles : 3 fois moins énergivore que le bus, 8 fois moins que la voiture. « Le tramway pourrait permettre de diminuer considérablement l’usage de l’automobile en ville. Des bus au biocarburant pourraient compléter l’offre dans les régions moins peuplées. Le rail, les fleuves, les canaux, retrouveraient aussi leur rôle pour les grandes liaisons », précise Gérard Monseux.

La ville du futur

Bien évidemment, il sera nécessaire de mener des investissements coûteux étalés sur plusieurs dizaines d’années. « Demain, les transports publics apporteront la mobilité aux citoyens. Ils dessineront les formes de l’espace en transformant la physionomie des villes et l’ambiance des chaussées. L’ère de l’après pétrole sera totalement différente de celle que nous connaissons et ne correspondra pas aux rêves imaginés il y a quelques décennies. »