Beau Vélo de RAVel - Jeudi 24 septembre "Saint-Denis" Sainte-Rose
Quatre-vingts kilomètres, tel est le chiffre affiché ce jeudi soir par le compteur des Beaux Héros du RAVeL. Et quels quatre-vingts kilomètres !
Il était un peu plus de sept heures ce matin quand la joyeuse troupe s'est mise en route et a quitté Saint-Denis pour débuter le tour de La Réunion. Un tour de La Réunion qu'elle n'effectue pas dans le sillage des coureurs amateurs qui s'y disputent actuellement les victoires, mais quasi sur leurs traces...
Direction l'est donc, avec en toile de fond la Côte au Vent. Un guide de choc les accompagne, en la personne de Daniel Hoarau, le président du Comité départemental de Cyclotourisme de La Réunion, rejoint en cours de balade par quelques-uns de ses compagnons de route. Inutile de dire qu'ensemble, ils emmèneront le peloton des RAVeListes du bout du monde par les routes, sentiers et autres chemins pittoresques, parfois (souvent ?) insoupçonnés !
Les premiers coups de pédale du jour sont ainsi donnés sur le Sentier du Littoral, un cheminement macadamisé bien roulant spécialement réservé aux piétons et cyclistes. Comme son nom l'indique, il longe la côte à main gauche, laissant à main droite la nationale et son flot de voitures se diriger vers la préfecture. Ah, qu'il est bon de pédaler à contre-courant, surtout quand la circulation automobile tend à s'intensifier et que les embouteillages – un véritable problème pour l'île – sont en passe de naître...
Comme hier, le ciel est d'un bleu radieux et se confond avec les eaux de l'océan. D'autres couleurs chatoyantes apparaîtront bientôt quand, au détour d'un virage à gauche, un sentier mènera les cyclistes vers les premiers champs de canne à sucre : ici, le vert vif se mélange au jaune...
A Sainte-Suzanne, le Sentier du Littoral a comme des airs de déjà vu... Un pont, un tunnel, cela ne vous rappelle rien ? Eh oui, c'est le RAVeL local, aménagé sur l'ancienne ligne de chemin de fer qui reliait, jusque dans les années 60, Saint-Benoît - à l'est de l'île - à Saint-Pierre - au sud-ouest. « Ce projet a été posé sur les fonds baptismaux en 2000, explique Daniel. Et c'est en quelque sorte mon bébé car avec mon association de promotion de la pratique du vélo, nous souhaitions créer un chemin le long de la côte pour faciliter le déplacement des habitants de cette région. L'assiette de l'ancienne ligne ferroviaire était pour nous un site idéal ! Il a fallu l'aménager, mais en trois mois de travail à peine, notre désir est devenu réalité et nous avons pu inaugurer ce tronçon en 2008. »
Sur ce tracé entre mer et bananeraies, cannes à sucre et filaos (une sorte de pins tropicaux), les kilomètres défilent. Bientôt, c'est le phare de Bel-Air, le seul de l'île, qui salue la troupe, juste avant que celle-ci ne se dirige vers la cascade de Niagara. Certes, elle n'a rien de comparable avec son homologue américaine mais l'eau qui se jette du haut de ses soixante mètres est une image impressionnante... Et très tentante pour la baignade que personne ne refusera !
Après quelques joutes nautiques, de nouveaux chemins de traverse guideront les Beaux Héros, dans des décors qui sentent bon le caractère sauvage. Direction cette fois Saint-André. Si la tradition agricole est ici omniprésente, celle des temples hindous aux coloris bigarrés aurait de quoi surprendre... Détrompez-vous : Saint-André est le berceau d'une culture tamoule réunionnaise en plein renouveau, résultat de l'engagement des ouvriers indiens employés autrefois dans les domaines sucriers. Comme par exemple à la sucrerie de Bois Rouge, une des deux industries sucrières de La Réunion. « Avec la canne à sucre, on produit bien évidemment du sucre roux, mentionne notre guide, mais aussi du rhum, confectionné à base de mélasse dans la distillerie voisine. Et cette plante est utilisée à son maximum puisque les boues issues de la décantation servent comme engrais dans les champs tandis que la bagasse – les fibres de canne retirées après le pressage du jus – permet de produire de l'électricité ! »
Après la traversée de champs de canne, retour sur la côte. Le sac et le ressac de l'océan bercent les oreilles, agrémentés du chant mélodieux des galets qu'ils entraînent sur leur passage.
Et à propos de passages, il en est de bien particuliers empruntés en fin de matinée : ceux de plusieurs gués, estuaires de diverses rivières qu'il faut franchir, vélo sur l'épaule et eau parfois jusqu'en haut des cuisses... De quoi livrer de nouvelles sensations aventureuses et laisser gravés en mémoire de grands souvenirs... Tout en découvrant une spécialité locale : la pêche aux bichiques, soit de précieux alevins – c'est le caviar local – capturés grâce à des nasses coniques en fibre de coco...
Bas-Pranon, une autre commune agricole s'annonce, tous comme les cinquante kilomètres déjà parcourus. Le temps de déguster quelques spécialités locales et l'heure est venue de pousser une pointe jusqu'à la coopérative de vanille, la plus grosse structure de production de l'île.
Entretemps, une autre belle orchidée a rejoint le groupe et terminera l'étape en sa compagnie : l'actrice Elodie Varlet, l'interprète d'Estelle dans le feuilleton Plus belle la vie. Belle, l'escapade de l'après-midi le sera également, avec de nouveaux passages sur le Sentier du Littoral qui, à Saint-Benoît comme du côté de Sainte-Suzanne, épouse le tracé de l'ancienne ligne du train. Plus loin, il est prolongé par un joli promontoire rocheux recouvert de gazon ras et de vacoas : et ça roule, ça roule, l'été sur le RAVeL...
Une dernière baignade pour la route du côté du Bassin bleu et il est à présent temps de passer aux choses sérieuses : pour rejoindre Sainte-Rose, il faut impérativement prendre de l'altitude... avant de mieux redescendre ! Petit à petit, la plaine bénédictine s'efface, l'univers des pentes du Piton de la Fournaise se profile...
La nationale, devenue simple route à deux bandes s'apparente à un mini col, mais ses pentes régulières en font une difficulté très roulante. Quelques dernières images du côté du pont suspendu, impressionnant pont du siècle passé construit pour le franchissement de la rivière de l'est et il n'y a plus qu'à se laisser glisser jusqu'à Sainte-Rose, les gambettes bien remplies mais nullement endolories... Pour une première « vraie » journée de vélo, ce sont les mirettes qui ont le plus fonctionné, attirées de toutes parts par tant de beautés... Des beautés que n'a pas manqué de relever Elodie, sous le charme de cette expérience : « Bien que je me déplace régulièrement à Paris en Vélib, je ne suis pas une grande cycliste ! Ici, c'était super agréable de s'y remettre, dans des conditions idéales, en étant si proche de la nature et avec une équipe aussi sympathique que celle du Beau Vélo de RAVeL ! »
Demain, ce sont les profondeurs océaniques que la très sympathique Lilloise explorera avant de se remettre en selle samedi, pour de nouvelles aventures vélocipédiques avec les Beaux Héros du RAVeL...


