Les espèces menacées : tous concernés !
Jeudi 25 août 2011
Ainsi, les espèces disparaissent à un rythme mille fois supérieur au taux d’extinction naturel et cette crise sans précédent est due à l’activité directe ou indirecte des hommes.
En Europe, 42 % des mammifères, 15 % des oiseaux et 52 % des poissons d’eau douce sont menacés. Par ailleurs, près de 1000 espèces de végétaux sont gravement menacées ou sur le point de disparaître.
Interpellant, non ? Voici donc un dossier pour en savoir plus :
En biologie et écologie, une espèce est déclarée menacée si elle répond à des critères précis. Ces critères, généralement établis ou validés par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), permettent d’affiner le risque d’extinction de l’espèce (actuel, à court et moyen terme) et de lui attribuer un statut de conservation et parfois de protection (espèce protégée).
Avec ce système, chaque espèce ou sous-espèce peut être classée dans l’une des neuf catégories suivantes : éteinte, éteinte à l’état sauvage, en danger critique d’extinction, en danger, vulnérable, quasi menacée, préoccupation menacée, données insuffisantes ou non évaluée.
Un mammifère sur quatre est menacé et pourrait s’éteindre dans un futur proche. Comme un oiseau sur huit, un requin sur cinq, un conifère sur quatre et un amphibien sur trois…
La faune marine n’est pas épargnée : les poissons d’eau douce sont en tête de la liste des extinctions à cause de la pollution, de la pêche, de l’exploitation humaine des lacs et des rivières. En Afrique de l’Est, les effets de l’activité humaine sur les milieux d’eau douce menacent un poisson sur quatre. Les conséquences sont graves : dans des pays tels que le Malawi, 70 % des protéines animales consommées proviennent de poissons d’eau douce. Outre l’importance alimentaire, les écosystèmes d’eau douce sont également essentiels pour la fourniture d’eau potable propre et l’assainissement.
Le panda géant, le gorille, le bonobo, le chimpanzé, l’orang-outan, le tigre, le rhinocéros, le thon, la baleine, la tortue marine… L’ours polaire et l’hippopotame ont récemment également fait leur apparition dans la Liste rouge.
Chacun s’accorde à dire qu’il faut concentrer ses efforts sur certaines espèces qui sont importantes pour leur écosystème, notamment celles qui :
Les activités humaines sont de près ou de loin liées à ce déclin. La surexploitation - que ce soit par la récolte, la chasse, la pêche ou le commerce - est bien entendu à épingler. En Europe, c’est plus particulièrement la destruction et la fragmentation des habitats, l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, les changements climatiques, la pollution et le gaspillage qui sont les principales causes de disparition.
Petit exemple évocateur en Asie : la disparition des ramis, arbres tropicaux de Malaisie et d’Indonésie utilisés pour la fabrication de queues de billard, nuit à l’équilibre naturel des tigres et des orangs-outans !
Dans certains pays d’Afrique touchés par les conflits régionaux et l’instabilité politique, les populations connaissent d’importantes difficultés et l’impact sur la faune sauvage y est dévastateur.
Quelques exemples au niveau politique
Pour protéger la biodiversité et lutter contre l’extinction des espèces animales et végétales, l’Union européenne a créé un vaste réseau de sites protégés : le réseau Natura 2000. Plusieurs Règlements européens ont vu le jour avec le même objectif.
Au Costa Rica, le gouvernement a également mis au point une politique exemplaire de protection de la biodiversité : 25 % du territoire est classé en parc national, réserve ou zone protégée…
Autre exemple : en France, la loi du 10 juillet 1976 protège déjà certaines espèces menacées. Elle en interdit la capture, la vente et l’achat et même la perturbation intentionnelle.
La CITES, Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, est un accord intergouvernemental signé le 3 mars 1973 à Washington. Son objectif est de protéger les espèces animales et végétales menacées d’extinction par les échanges internationaux en contrôlant le commerce. Elle est aussi connue sous le nom de « Convention de Washington ». Sa mission ? Garantir que le commerce international des espèces (animaux et plantes vivants ou morts) menacées, ainsi que des produits dérivés, ne nuise pas à la conservation de la biodiversité et repose sur une utilisation durable des espèces sauvages.
Quelques organisations non gouvernementales
L’UICN appelle la communauté internationale à protéger davantage la biodiversité, notamment en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en élaborant des règles plus strictes de contrôle de la pêche et de la chasse.
Les plans d’action qu’elle a mis en place pour analyser l’état de conservation d’espèces particulières et de leurs habitats, et les actions prioritaires pour leur conservation qu’elle propose font autorité au niveau mondial comme source d’information pour les gestionnaires de ressources naturelles et les représentants des gouvernements.
Quant au WWF, à travers ses programmes de conservation des habitats dans les 235 écorégions du monde, il nourrit l’ambition de conserver plus de 85 % de la diversité biologique sur terre.
Des animaux et plantes issus d’espèces très menacées peuvent se trouver en vente libre dans certains pays. En n’achetant pas ces spécimens interdits qui ne s’adapteront pas à leur nouvel environnement, tu évites de contribuer au pillage des ressources de la nature.
Autre conseil : tiens-toi au courant régulièrement. Etre bien informé te permettra d’agir correctement !
Une récente étude révèle que plus une espèce est physiquement attrayante, plus elle aurait de chances de bénéficier de programmes de protection. Selon celle-ci, les gros mammifères menacés sont apparus 500 fois plus souvent dans les publications universitaires que les amphibiens en danger d’extinction. Les reptiles, les oiseaux et les petits mammifères s’en tirent à peine à meilleur compte.
Outre l’aspect charismatique de certaines espèces, un autre facteur est à prendre en compte : les humains tendent à se préoccuper d’abord des animaux qui leur ressemblent – d’où l’importante documentation disponible sur les chimpanzés – et de ceux qui ne leur posent pas de problème direct avec leur écosystème. Les petits mammifères et amphibiens, qui ne présentent pas de danger pour les hommes, seront par exemple plus mis en avant que des animaux potentiellement dangereux comme certaines espèces de requins.
L’option choisie par les scientifiques serait donc de mettre l’accent sur les animaux plus charismatiques afin de créer une prise de conscience générale sur la conservation de la faune.
En effet, les bénéfices de la préservation des espèces phares vont bien au-delà de la seule protection d’un animal. En luttant contre la destruction des habitats naturels, le braconnage, le commerce illégal et autres menaces qui pèsent sur ces animaux, c’est tout un écosystème qui est protégé, ainsi que les nombreuses autres espèces qui y vivent.
Il reste cependant extrêmement important de continuer à encourager les études des espèces peu connues parce que, sans données correctes, il est impossible de déterminer leur risque d’extinction et donc de mettre en place des actions de conservation efficaces qui pourraient empêcher les espèces de disparaître complètement.
Pendant ce temps, des espèces disparaissent malgré leur beauté. Ainsi le dauphin de Chine, qui s’est éteint en 2007 et a rejoint d’autres stars comme le dodo et l’auroch. Une autre espèce admirée des hommes, le tigre, pourrait bientôt s’ajouter à cette liste...
La conciliation des intérêts commerciaux et écologiques semble souvent difficile. Cependant, les efforts des organisations ne sont pas sans résultats. Grâce à certaines mesures de conservation, l’état de quelques espèces s’est amélioré.
Pour le pygargue à queue blanche, par exemple : dans de nombreux pays d’Europe, l’application des lois interdisant de le tuer et de mesures de protection pour éliminer les menaces qui constituaient les changements de son habitat sont à l’origine de cette embellie.
L’oryx d’Arabie, une espèce d’antilope qui ne vit que dans la Péninsule arabique et dont le dernier spécimen sauvage a été abattu en 1972, est passé récemment de la catégorie des espèces « En danger » à celles des espèces « Vulnérables » sur la liste rouge de l’UICN. Et ce, grâce aux succès de la reproduction en captivité et aux efforts de réintroduction. C’est la première fois qu’une espèce qui était « Eteinte à l’état sauvage » progresse de trois catégories !
Il y a plus de 30 ans que le WWF s’est lancé, en Chine, dans la lutte contre l’extinction du panda géant, devenu depuis l’icône de l’organisation, et le symbole de la protection de la nature dans le monde entier.
Les perspectives pour le panda géant étaient alors plutôt sombres : à peine un millier de spécimens, répartis entre une multitude de populations isolées qui diminuaient à mesure que leur habitat disparaissait.
Plusieurs dizaines de populations de pandas isolées ont depuis été mises en contact dans les zones où ils étaient le plus présent, et les dernières études ont recensé 1600 spécimens. A l’heure actuelle, 62 réserves naturelles concentrent 81 % de la population de panda et 60 % de leur habitat, réel ou potentiel.
D’ici 2015, ce sont 3 millions d’hectares de forêt (soit une surface équivalente à la superficie de la Belgique) qui seront protégés au profit des pandas. Cela bénéficiera également aux autres espèces qui peuplent ces habitats.
Ces exemples sont la preuve que les mesures de conservation font la différence. Et ce succès prouve que nous ne devrions pas rester des spectateurs passifs de la tragédie de la perte de la biodiversité et de l’extinction des espèces qui se déroule sous nos yeux.
Au mois de juillet dernier, des scientifiques du monde entier se sont réunis à Genève dans le cadre d’une rencontre internationale organisée sous l’égide des Nations Unies afin de mieux protéger les espèces en voie d’extinction.
Cette année, la réunion s’est concentrée sur la protection des reptiles et des poissons. Environ 200 scientifiques ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales et de la société civile ont discuté des possibilités de renforcer les moyens de protection des espèces menacées, notamment les requins et les esturgeons de la Mer Caspienne.
Le 11 mai : journée des espèces menacées
Aux Etats-Unis, le 11 mai a été nommé journée des espèces menacées par le Congrès. Cette journée entend encourager la population américaine à être consciente des menaces qui pèsent sur les espèces, des cas fructueux de rétablissement d’espèces et des opportunités de promouvoir la conservation à l’échelle internationale.
La perte de biodiversité s’accélère au lieu de ralentir, mais il est possible de la renverser : pour réussir à l’échelon mondial, il faut nouer de nouvelles alliances entre tous les secteurs de la société. La biodiversité ne sera pas sauvée par les seuls spécialistes de l’environnement, il faut qu’elle devienne la responsabilité de chacun d’entre nous et que nous ayons les moyens et les ressources pour agir.
Fiches animaux menacés : http://kids.wwf.be/fr/?inc=page&pageid=dossier
Liste rouge : http://www.uicn.fr/La-Liste-Rouge-des-especes.html
http://www.wwf.be/fr/que-faisons-nous/actualites/especes-menacees/53.3
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/coup-de-projecteur-sur-10-especes-menacees-dextinction_11825/
http://www.actu-environnement.com/ae/news/1694.php4
http://www.ushuaia.com/info-planete/dossiers/especes-menacees/
Les différents Règlements européens en matière de protection des espèces menacées : http://eur-lex.europa.eu/fr/dossier/dossier_34.htm
La biodiversité, c’est-à-dire la diversité des gènes, des espèces et des écosystèmes connaît une érosion sans précédent. Actuellement, plus de 16.000 espèces animales et végétales sont menacées d’extinction.
Ainsi, les espèces disparaissent à un rythme mille fois supérieur au taux d’extinction naturel et cette crise sans précédent est due à l’activité directe ou indirecte des hommes.
En Europe, 42 % des mammifères, 15 % des oiseaux et 52 % des poissons d’eau douce sont menacés. Par ailleurs, près de 1000 espèces de végétaux sont gravement menacées ou sur le point de disparaître.
Interpellant, non ? Voici donc un dossier pour en savoir plus :
- qu'est-ce qu'une espèce menacée ?
- quelles sont les espèces en danger ?
- pourquoi ce déclin ?
- que peut-on faire ?
- protège-t-on davantage les animaux les plus beaux ?
- quelques bonnes nouvelles
- et l'avenir ?
- liens utiles
Que considère-t-on comme une espèce menacée ?
En biologie et écologie, une espèce est déclarée menacée si elle répond à des critères précis. Ces critères, généralement établis ou validés par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), permettent d’affiner le risque d’extinction de l’espèce (actuel, à court et moyen terme) et de lui attribuer un statut de conservation et parfois de protection (espèce protégée).
Les neuf catégories
Avec ce système, chaque espèce ou sous-espèce peut être classée dans l’une des neuf catégories suivantes : éteinte, éteinte à l’état sauvage, en danger critique d’extinction, en danger, vulnérable, quasi menacée, préoccupation menacée, données insuffisantes ou non évaluée.
La Liste rouge permet de répondre à des questions essentielles, telles que :
- Dans quelle mesure telle espèce est-elle menacée ?
- Par quoi telle ou telle espèce est-elle menacée ?
- Combien y a-t-il d’espèces menacées dans telle région du monde ?
- Combien a-t-on dénombré de disparitions d’espèces ?
Objectif de cette liste ?
Mobiliser l’attention du public et des responsables politiques sur l’urgence et l’étendue des problèmes de conservation, ainsi qu’inciter la communauté internationale à agir en vue de limiter le taux d’extinction des espèces.
Quelles sont les espèces les plus menacées ?
Un mammifère sur quatre est menacé et pourrait s’éteindre dans un futur proche. Comme un oiseau sur huit, un requin sur cinq, un conifère sur quatre et un amphibien sur trois…
La faune marine n’est pas épargnée : les poissons d’eau douce sont en tête de la liste des extinctions à cause de la pollution, de la pêche, de l’exploitation humaine des lacs et des rivières. En Afrique de l’Est, les effets de l’activité humaine sur les milieux d’eau douce menacent un poisson sur quatre. Les conséquences sont graves : dans des pays tels que le Malawi, 70 % des protéines animales consommées proviennent de poissons d’eau douce. Outre l’importance alimentaire, les écosystèmes d’eau douce sont également essentiels pour la fourniture d’eau potable propre et l’assainissement.
Quelques espèces menacées
Le panda géant, le gorille, le bonobo, le chimpanzé, l’orang-outan, le tigre, le rhinocéros, le thon, la baleine, la tortue marine… L’ours polaire et l’hippopotame ont récemment également fait leur apparition dans la Liste rouge.
Quelles espèces faut-il protéger ?
Chacun s’accorde à dire qu’il faut concentrer ses efforts sur certaines espèces qui sont importantes pour leur écosystème, notamment celles qui :
- forment un maillon important de la chaîne alimentaire
- participent à la stabilisation ou la régénération des habitats
- nécessitent des besoins de conservation important
ou, pour les hommes, comme les espèces :
- importantes pour la santé ou la survie des communautés locales
- exploitées commercialement
- présentant une importance culturelle majeure.
Quelles sont les causes du déclin de toutes ces espèces ?
Les activités humaines sont de près ou de loin liées à ce déclin. La surexploitation - que ce soit par la récolte, la chasse, la pêche ou le commerce - est bien entendu à épingler. En Europe, c’est plus particulièrement la destruction et la fragmentation des habitats, l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, les changements climatiques, la pollution et le gaspillage qui sont les principales causes de disparition.
Petit exemple évocateur en Asie : la disparition des ramis, arbres tropicaux de Malaisie et d’Indonésie utilisés pour la fabrication de queues de billard, nuit à l’équilibre naturel des tigres et des orangs-outans !
Dans certains pays d’Afrique touchés par les conflits régionaux et l’instabilité politique, les populations connaissent d’importantes difficultés et l’impact sur la faune sauvage y est dévastateur.
Quelles sont les actions menées pour enrayer ce phénomène ?
Quelques exemples au niveau politique
Pour protéger la biodiversité et lutter contre l’extinction des espèces animales et végétales, l’Union européenne a créé un vaste réseau de sites protégés : le réseau Natura 2000. Plusieurs Règlements européens ont vu le jour avec le même objectif.
Au Costa Rica, le gouvernement a également mis au point une politique exemplaire de protection de la biodiversité : 25 % du territoire est classé en parc national, réserve ou zone protégée…
Autre exemple : en France, la loi du 10 juillet 1976 protège déjà certaines espèces menacées. Elle en interdit la capture, la vente et l’achat et même la perturbation intentionnelle.
La CITES, Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, est un accord intergouvernemental signé le 3 mars 1973 à Washington. Son objectif est de protéger les espèces animales et végétales menacées d’extinction par les échanges internationaux en contrôlant le commerce. Elle est aussi connue sous le nom de « Convention de Washington ». Sa mission ? Garantir que le commerce international des espèces (animaux et plantes vivants ou morts) menacées, ainsi que des produits dérivés, ne nuise pas à la conservation de la biodiversité et repose sur une utilisation durable des espèces sauvages.
Quelques organisations non gouvernementales
L’UICN appelle la communauté internationale à protéger davantage la biodiversité, notamment en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en élaborant des règles plus strictes de contrôle de la pêche et de la chasse.Les plans d’action qu’elle a mis en place pour analyser l’état de conservation d’espèces particulières et de leurs habitats, et les actions prioritaires pour leur conservation qu’elle propose font autorité au niveau mondial comme source d’information pour les gestionnaires de ressources naturelles et les représentants des gouvernements.
Quant au WWF, à travers ses programmes de conservation des habitats dans les 235 écorégions du monde, il nourrit l’ambition de conserver plus de 85 % de la diversité biologique sur terre.
Et toi, que peux-tu faire à ton niveau ?
Des animaux et plantes issus d’espèces très menacées peuvent se trouver en vente libre dans certains pays. En n’achetant pas ces spécimens interdits qui ne s’adapteront pas à leur nouvel environnement, tu évites de contribuer au pillage des ressources de la nature.
Autre conseil : tiens-toi au courant régulièrement. Etre bien informé te permettra d’agir correctement !
Protège-t-on davantage les beaux animaux ?
Une récente étude révèle que plus une espèce est physiquement attrayante, plus elle aurait de chances de bénéficier de programmes de protection. Selon celle-ci, les gros mammifères menacés sont apparus 500 fois plus souvent dans les publications universitaires que les amphibiens en danger d’extinction. Les reptiles, les oiseaux et les petits mammifères s’en tirent à peine à meilleur compte.
Comment expliquer ce phénomène ?
Outre l’aspect charismatique de certaines espèces, un autre facteur est à prendre en compte : les humains tendent à se préoccuper d’abord des animaux qui leur ressemblent – d’où l’importante documentation disponible sur les chimpanzés – et de ceux qui ne leur posent pas de problème direct avec leur écosystème. Les petits mammifères et amphibiens, qui ne présentent pas de danger pour les hommes, seront par exemple plus mis en avant que des animaux potentiellement dangereux comme certaines espèces de requins.
L’option choisie par les scientifiques serait donc de mettre l’accent sur les animaux plus charismatiques afin de créer une prise de conscience générale sur la conservation de la faune.
En effet, les bénéfices de la préservation des espèces phares vont bien au-delà de la seule protection d’un animal. En luttant contre la destruction des habitats naturels, le braconnage, le commerce illégal et autres menaces qui pèsent sur ces animaux, c’est tout un écosystème qui est protégé, ainsi que les nombreuses autres espèces qui y vivent.
Il reste cependant extrêmement important de continuer à encourager les études des espèces peu connues parce que, sans données correctes, il est impossible de déterminer leur risque d’extinction et donc de mettre en place des actions de conservation efficaces qui pourraient empêcher les espèces de disparaître complètement.
Pendant ce temps, des espèces disparaissent malgré leur beauté. Ainsi le dauphin de Chine, qui s’est éteint en 2007 et a rejoint d’autres stars comme le dodo et l’auroch. Une autre espèce admirée des hommes, le tigre, pourrait bientôt s’ajouter à cette liste...
Des bonnes nouvelles !
La conciliation des intérêts commerciaux et écologiques semble souvent difficile. Cependant, les efforts des organisations ne sont pas sans résultats. Grâce à certaines mesures de conservation, l’état de quelques espèces s’est amélioré.
Pour le pygargue à queue blanche, par exemple : dans de nombreux pays d’Europe, l’application des lois interdisant de le tuer et de mesures de protection pour éliminer les menaces qui constituaient les changements de son habitat sont à l’origine de cette embellie.
L’oryx d’Arabie, une espèce d’antilope qui ne vit que dans la Péninsule arabique et dont le dernier spécimen sauvage a été abattu en 1972, est passé récemment de la catégorie des espèces « En danger » à celles des espèces « Vulnérables » sur la liste rouge de l’UICN. Et ce, grâce aux succès de la reproduction en captivité et aux efforts de réintroduction. C’est la première fois qu’une espèce qui était « Eteinte à l’état sauvage » progresse de trois catégories !
Le panda géant
Il y a plus de 30 ans que le WWF s’est lancé, en Chine, dans la lutte contre l’extinction du panda géant, devenu depuis l’icône de l’organisation, et le symbole de la protection de la nature dans le monde entier.
Les perspectives pour le panda géant étaient alors plutôt sombres : à peine un millier de spécimens, répartis entre une multitude de populations isolées qui diminuaient à mesure que leur habitat disparaissait.
Plusieurs dizaines de populations de pandas isolées ont depuis été mises en contact dans les zones où ils étaient le plus présent, et les dernières études ont recensé 1600 spécimens. A l’heure actuelle, 62 réserves naturelles concentrent 81 % de la population de panda et 60 % de leur habitat, réel ou potentiel.
D’ici 2015, ce sont 3 millions d’hectares de forêt (soit une surface équivalente à la superficie de la Belgique) qui seront protégés au profit des pandas. Cela bénéficiera également aux autres espèces qui peuplent ces habitats.
Ces exemples sont la preuve que les mesures de conservation font la différence. Et ce succès prouve que nous ne devrions pas rester des spectateurs passifs de la tragédie de la perte de la biodiversité et de l’extinction des espèces qui se déroule sous nos yeux.
Et pour l’avenir ?
Au mois de juillet dernier, des scientifiques du monde entier se sont réunis à Genève dans le cadre d’une rencontre internationale organisée sous l’égide des Nations Unies afin de mieux protéger les espèces en voie d’extinction.
Cette année, la réunion s’est concentrée sur la protection des reptiles et des poissons. Environ 200 scientifiques ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales et de la société civile ont discuté des possibilités de renforcer les moyens de protection des espèces menacées, notamment les requins et les esturgeons de la Mer Caspienne.
Le 11 mai : journée des espèces menacées
Aux Etats-Unis, le 11 mai a été nommé journée des espèces menacées par le Congrès. Cette journée entend encourager la population américaine à être consciente des menaces qui pèsent sur les espèces, des cas fructueux de rétablissement d’espèces et des opportunités de promouvoir la conservation à l’échelle internationale.La perte de biodiversité s’accélère au lieu de ralentir, mais il est possible de la renverser : pour réussir à l’échelon mondial, il faut nouer de nouvelles alliances entre tous les secteurs de la société. La biodiversité ne sera pas sauvée par les seuls spécialistes de l’environnement, il faut qu’elle devienne la responsabilité de chacun d’entre nous et que nous ayons les moyens et les ressources pour agir.
Quelques liens utiles
Fiches animaux menacés : http://kids.wwf.be/fr/?inc=page&pageid=dossier
Liste rouge : http://www.uicn.fr/La-Liste-Rouge-des-especes.html
L’actualité des espèces menacées :
http://www.wwf.be/fr/que-faisons-nous/actualites/especes-menacees/53.3
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/coup-de-projecteur-sur-10-especes-menacees-dextinction_11825/
http://www.actu-environnement.com/ae/news/1694.php4
http://www.ushuaia.com/info-planete/dossiers/especes-menacees/
Les différents Règlements européens en matière de protection des espèces menacées : http://eur-lex.europa.eu/fr/dossier/dossier_34.htm