Camille, conducteur de bus 105 : « Chaque jour, mon travail me donne une leçon de vie »

Camille est conducteur de bus 105, dans l’agglomération liégeoise. Un métier un peu particulier… Car le « bus 105 » n’est pas un bus comme les autres. Il s’agit d’un service spécialement conçu par le Groupe TEC pour le transport de personnes à mobilité réduite. Découverte d’un métier où la notion de service public prend tout son sens !

 

Depuis combien de temps êtes-vous conducteur de bus 105 ?

Depuis que le service existe… Ca doit faire une quinzaine d’années.
A l’époque de l’appel à candidatures lancé par le TEC, j’ai très vite réagi. Je me suis présenté à ce poste avec beaucoup d’enthousiasme. En fait, cela faisait déjà un certain temps que je pensais à ce type de service. Ça n’existait pas encore chez nous et je trouvais que ça faisait vraiment défaut…

 

Une vocation, donc !

Oui, j’aime beaucoup cette notion de service de proximité. On fait une desserte en porte à porte. On conduit donc véritablement nos passagers d’un point A à un point B… Généralement, notre implication va au-delà de cette mission de base : l’aide que l’on apporte ne s’arrête pas au moment où la personne descend du bus… On donne un coup de main quand on peut, tout en se mettant des limites bien sûr. Ça procure un vrai sentiment d’utilité.

 

Est-ce que des relations se nouent avec vos passagers ?

Oui, bien sûr. Nos passagers sont à 70 % des personnes que l’on voit de jour en jour. C’est inévitable, des liens d’amitié se tissent.
Pourtant, même si c’est très enrichissant et que ces relations comptent parmi les choses qui me donnent envie d’aller travailler chaque matin, là aussi, il faut savoir poser des limites, se mettre des barrières émotives.

 

Que vous a apporté ce métier ?

Il m’a avant tout appris à relativiser. Vous savez, chaque jour, je rencontre des personnes écorchées vives, des personnes qui souffrent et vivent quotidiennement avec un handicap. Face à ça, je ne peux que constater la chance que j’ai.
Ce métier a également modifié ma vision des personnes à mobilité réduite… Je ne vois plus le fauteuil roulant, je ne vois que la personne.

 

Si vous deviez garder un souvenir de ces 15 années au volant de votre bus ?

Je n’ai pas envie de n’épingler qu’un seul souvenir. J’en ai tellement que je pourrais écrire un bouquin !